/ Confetti / Vincent Godeau
Une fascination pour l’Afrique 

 “J’ai commencé à photographier des modèles africains il y a 15 ans. Ils sont d’ailleurs présents dans de nombreuses séries que j’ai réalisé.
C’est en France, plus précisément à Paris, que le photographe Vincent Godeau a découvert l’Afrique, à travers des africains en situation irrégulière. Peu à peu, l’homme va se passionner pour le continent, à tel point qu’il quitte Paris en 2005, et part s’installer à Libreville, au Gabon. “Je ne sais pas pourquoi, ça c’est imposé à moi. J’ai voulu voir ce qu’il en était sur place, me faire ma propre opinion”. Au Gabon, Vincent Godeau découvre donc la réalité et y confronte son regard. “Ce n’est pas simple de photographier dans la rue, d’autant plus que je suis blanc. Mais c’est également difficile pour les photographes locaux car les modèles se méfient de l’utilisation de leur image... je pense au fétichisme. Sur place il est difficile pour un photographe de vivre de sa passion."
Et le photographe ne s’arrête pas là. Parallèlement aux images qu’il réalise au Gabon, il décide, à partir de son expérience, des documents qu’il rassemble et des photographes qu’il rencontre, de mener une thèse sur la photographie africaine contemporaine. 
La photographie africaine contemporaine 

C’est un sujet vaste, même trop vaste, que je n’ai pas l’intention de traiter de manière exhaustive”, raconte Vincent Godeau. Sur place, il découvre les difficultés auxquelles font face les photographes locaux. “Il est extrêmement dur de vivre de la photographie en Afrique. D’abord parce que les circuits économiques en matière d’art sont restreints, voir inexistants : les états africains sont moyennement intéressés par la photographie. Il me semble que si la photo africaine existe c’est grâce au dynamisme extra-africain. Je souhaite donc voir comment sont représentées les institutions françaises, et quelle est la culture en matière de photographie des fonctionnaires français présents. Je veux aussi comprendre pourquoi la France a investi si massivement en Afrique. On sait que la photo est supportée car elle ne coûte pas cher, qu’elle est facile à transporter... Mais on peut se demander, et c’est à vérifier, jusqu’à quel point la photographie africaine est une invention de la France ?
Confetti 

La série confetti met également en scène des modèles d’origine africaine. J’ai utilisé des chutes de papier dont les laboratoires allaient se débarrasser et des tirages de photos que j’avais réalisé à New-York. Ayant délaissé le métier de photographe professionnel pour me concentrer sur mes propres envies, j’avais plus de temps libre. J’ai commencé avec des confetti simple, réalisés à l’aide d’une poinçonneuse, ou de perforeuses. Je me suis ensuite amusé à empiler les uns sur les autres les confettis, sur des clous ou des fils de fer qu’on pouvait tordre. Après je suis passé à un autre stade, en utilisant un emporte-pièce. J’y ai passé beaucoup de temps, c’était très calme et pacifique...
Dans cette exposition, c’est l’installation qu’il faut regarder.”
 
photographie.com : 2008-02-01